Le Temps des communs et l’Avenir en commun

Un outil de « Nous Sommes pour ! » qui vous permet de comparer les programmes de 2022 avec l‘Avenir en Commun

Le manifeste du Temps des communs est né des suites de l’appel dit du « Big Bang », lancé au lendemain des élections européennes de 2019. Il est écrit par des personnalités issues de différentes cultures politiques, notamment écologistes, insoumises, communistes et socialistes, et/ou impliquées dans le mouvement social, la vie intellectuelle, le monde artistique. 

Convergences avec l'AEC

Si la forme de manifeste et non de liste de propositions implique une absence de précision de de multiples propositions, on peut y voir des convergences avec l’Avenir en commun dans le constat quant à la situation actuelle. Plusieurs marqueurs de l’Avenir en commun sont partagés :

  • Lancer un processus constituant
  • En finir avec le libre-échange
  • Agir pour la bifurcation écologique
  • Réduire le temps de travail et faire la retraite à 60 ans 

Points de l'AEC n'apparaissant pas

  • Les mesures antiterroristes
  • La laïcité
  • Le service citoyen
  • La refonte de la police nationale
  • Les Outre-mer 
  • Les nationalisations 
  • Le protectionnisme
  • Un plan B en Europe
  • La Francophonie
  • Le sport
  • Les addictions et drogues
  • L’enfance
  • La mer
  • L’espace

Désaccords ou nuances avec l'AEC

  • L’importance accordée aux assemblées régionales, à la décentralisation et à l’échelle supranationale
  • La défiance à l’égard de l’État planificateur
  • Un revenu de base sans condition pour les jeunes (là où nous privilégions une allocation d’autonomie sous condition de ressources)

Chapitre 1 : Face à la crise démocratique, convoquer l’Assemblée constituante de la 6e République

Le manifeste du Temps des communs et l’Avenir en commun convergent sur le point central de ce chapitre, la nécessité d’une Assemblée constituante pour balayer les institutions de la 5e République. La méfiance du Manifeste à l’égard de l’État amène cependant des divergences quant aux institutions et à l’organisation du territoire. Enfin, le manifeste est muet sur les mesures antiterroristes ou de renforcement de la laïcité, sur un éventuel service citoyen, et quasiment muet en ce qui concerne la police nationale et l’outre-mer (seule mesure évoquée : refonte de l’IGPN).

Démocratie et institutions

  • Engager un processus constituant (même si les modalités ne sont pas précisées)
  • Institution d’un référendum d’initiative citoyenne
  • Assemblées régionales, décentralisation et échelle supranationale mises en avant (quand l’Avenir en commun privilégie la commune, le département et l’État)

République universelle

  • Imposer l’égalité entre les femmes et les hommes
  • Carte de séjour de 10 ans comme titre de séjour de référence
  • Ouvrir l’adoption à tous les couples, mariés ou non
  • Lutter contre toutes les discriminations

Médias

  • Création d’un « Conseil supérieur des médias » chargé de veiller à la démocratisation et au pluralisme de l’information, au respect des règles interdisant les concentrations abusives, ainsi qu’à l’indépendance des journalistes et des rédactions
  • Loi contre la concentration économique dans les médias

Biens communs

  • Protéger les biens communs comme la santé, la culture, l’éducation, la recherche, les transports du quotidien, mais aussi l’air et l’eau
  • Le manifeste voit les biens communs comme une “alternative à l’étatisme” là où l’Avenir en commun défend une protection de ces biens communs par l’État

Sécurité et justice

  • Indépendance du parquet
  • Refonte de l’IGPN

Citoyeneté dans l'entreprise

  • Renforcement des droits de contrôle aux salariés
  • Élargir les pouvoirs des institutions représentatives des salariés, notamment du Comité d’entreprise

Chapitre 2 : Face au chômage et à l’urgence sociale, partager les richesses, mettre au pas la finance

L’esprit du texte concernant les questions économiques et sociales et les mesures évoquées sont globalement compatibles avec l’Avenir en commun. Cependant, le projet développé n’envisage pas les obstacles à surmonter ni les ennemis à affronter. Les moyens de mettre en place les orientations sont peu détaillés. Cela reste par exemple extrêmement flou sur la fiscalité. Nous regrettons par ailleurs l’absence d’utilisation des termes nationalisation et protectionnisme, ainsi que la défiance à l’égard de l’État planificateur.

Fiscalité

  • Renforcer la progressivité de l’impôt
  • Augmenter le nombre de tranches
  • Taxer significativement les transactions financières et le patrimoine
  • Majorer les droits de succession
  • Développer une fiscalité environnementale (à condition qu’elle ne soit pas anti-pauvres)

Temps de travail

  • Aller vers la semaine de quatre jours
  • Créer une sixième semaine de congés payés

Retraites

  • Retour de la retraite à 60 ans

Inégalités femmes-hommes

  • Durcir les sanctions contre les entreprises qui ne respectent pas l’égalité salariale
  • Revaloriser les professions aujourd’hui majoritairement féminisées

Privatisations

  • Bloquer les projets de privatisation

Précarité

  • Un revenu de base sans condition pour les jeunes (là où l’Avenir en commun propose une allocation d’autonomie sous condition de ressources)

Chapitre 3 : Face à la crise climatique, la planification écologique

Le Temps des communs fait de la sobriété, de la solidarité et de la justice sociale des principes structurants pour la transition écologique, de la même façon que l’Avenir en commun. De multiples propositions concrètes le rejoignent : la pérennité des objets et non l’obsolescence programmée, l’interdiction des produits qui nuisent à l’environnement et à la santé, privilégier les productions locales, sortir des énergies carbonées et du nucléaire, entre autres. On note cependant l’absence de termes majeurs comme protectionnisme, règle verte ou planification. 

Consommation

  • Questionner la pertinence de certaines productions ostentatoires ou inutiles
  • La pérennité des objets doit devenir la norme, et non l’obsolescence programmée
  • Interdiction des produits qui nuisent à l’environnement et à la santé

Planification

  • Mettre en place des indicateurs alternatifs au PIB
  • Privilégier les productions locales
  • Sortir des énergies carbonées et du nucléaire

Industrie

  • Décroissance de la production automobile et aéronautique
  • Organiser la reconversion des secteurs concernés
  • Relocaliser certains pans de l’industrie

Chapitre 4 : Sortir des traités européens

Les positions développées sont similaires à celles de l’Avenir en commun. Il convient de noter que l’Allemagne et sa position prédominante ne sont jamais mentionnées et que les critiques sont principalement adressées au Conseil européen et non à la Commission. Une stratégie de rupture proche de notre Plan A est développée mais notre perspective d’un Plan B est absente. La question d’une validation du résultat des négociations par référendum est absente, et le texte invoque seulement le besoin d’une « mobilisation citoyenne ». Par ailleurs, hormis sur les questions budgétaires, aucun élément précis ou concret n’est donné quant aux politiques européennes avec lesquelles il faut rompre  (la forme synthétique du document l’explique).

Plan A

  • Nécessité de ruptures gouvernementales au niveau national
  • Bras de fer face aux multinationales et aux États ultralibéraux
  • Mesures unilatérales de protection

Chapitre 5 : Face à la guerre, instaurer l’indépendance de la France au service de la paix

Ce texte fait le constat que le règne actuel d’un libre-échange climaticide est néfaste. Il s’appuie sur la concept de “mondialité” emprunté à Edouard Glissant pour affirmer la nécessité d’une “mise en commun respectueuse des différences qui s’oppose au nivelage par le bas, à l’anti-diversité et à l’uniformisation qu’est la mondialisation néolibérale”. Ce constat, ainsi que les propositions esquissées (sortie de l’Otan, en finir avec les traités de libre-échange, démocratisation de l’ONU) sont compatibles avec l’Avenir en commun. Nous regrettons le flou de certaines propositions et l’absence de réflexions sur la Défense de la France et la francophonie.

ONU et organisations internationales

  • Démocratiser l’ONU

Nouvelles coopérations

  • Mettre un terme aux traités de libre-échange
  • Repenser l’aide publique au développement

Indépendance de la France

  • Sortir de l’OTAN
  • Respecter l’autodétermination des peuples

Migrations

  • Bataille pour le droit d’asile et d’accueil
  • Refus des conditions indécentes et liberticides
  • Faire du droit d’asile un droit opposable

Chapitre 6 : Face à la grande régression, choisir l’objectif du progrès humain

Les objectifs sont partagés concernant le progrès humain : favoriser la gratuité et investir massivement dans les services publics. Les propositions sont peu précises dans la plupart des cas. Le sport, les addictions, les drogues et l’enfance ne sont pas évoqués.

Culture

  • Permettre l’accès de tous à la culture
  • Nécessité de donner goût à l’art
  • Défendre le régime des intermittents du spectacle

Santé

  • Service public de qualité
  • Placer l’industrie du médicament sous contrôle public
  • Mettre en place une planification sanitaire pour couvrir le territoire en services de santé

Enseignement supérieur et recherche

  • Refus de la la compétition entre chercheurs
  • Mettre en place une véritable démocratie scientifique et technique

Chapitre 7 : Face au déclinisme, porter la France aux frontières de l'Humanité

Le numérique est perçu, dans ce Manifeste, comme une potentialité d’élargissement du champ des communs. Néanmoins, aucune proposition précise n’est formulée pour y parvenir. La Mer et l’Espace sont absents du document.

Un outil de « Nous Sommes pour ! » qui vous permet de comparer les programmes de 2022 avec l‘Avenir en Commun