L’avenir en Commun

Chapitre 5 : Face à la guerre, instaurer l’indépendance de la France au service de la paix

Chapitre 5 : Face à la guerre, instaurer l’indépendance de la France au service de la paix

44. Instaurer l’indépendance de la France dans le monde

Les quinquennats Sarkozy, Hollande et Macron ont enfermé la France dans l’Otan et l’ont privée de sa voix. Pour promouvoir la paix et la coopération, retrouver l’indépendance est une nécessité.

Mesure clé : Engager la formation d’une nouvelle alliance altermondialiste

Pour y parvenir :

  • Refuser le choc des civilisations et la participation de la France à toute alliance militaire permanente hors du cadre de l’ONU
  • Sortir de l’Otan, du FMI et de la Banque mondiale
  • Stopper l’érosion du réseau diplomatique français et sa mise sous tutelle par l’UE
  • Offrir l’asile aux « combattants de la liberté » tels Edward Snowden et Julian Assange

45. Reconstruire une défense indépendante, nationale et populaire

L’Otan, construit par et pour les États-Unis pendant la guerre froide, n’a plus lieu d’être. La France peut et doit se défendre elle-même. Pour cela, la défense doit retrouver un lien avec la Nation toute entière.

Mesure clé : Rédiger un livre blanc et adopter une loi de programmation militaire visant à restaurer l’indépendance militaire

Aller plus loin :

  • Stopper les privatisations des industries d’armement et des missions de défense nationale et engager leur reconquête publique
  • Établir la règle de l’acquisition de matériel militaire français par l’armée
  • Ouvrir la possibilité d’un service militaire comme composante optionnelle du service citoyen obligatoire

Loi de programmation militaire : Une défense de la République avec et pour le peuple

La loi de programmation militaire (LPM) a pour but de programmer les dépenses militaires sur le temps long, de façon à pouvoir lisser l’effort d’acquisition de nouveaux matériels particulièrement coûteux, et qui ne peuvent pas être pris en charge sur le budget d’une année. L’organisation de ces dépenses dépend donc de la réflexion stratégique sur le même temps, afin de donner les moyens aux armées adéquats à l’anticipation que l’on peut faire de leur engagement. Or, la LPM proposée par le gouvernement pour 2019-2024 ne tranche pas les débats stratégiques et se contente d’énumérer des dépenses, dans l’illusion que la technologie permettra de pallier l’absence de réflexion stratégique réelle.

Durant le débat à l’Assemblée nationale, les députés insoumis Bastien Lachaud, Alexis Corbière et Jean-Luc Mélenchon ont multiplié les interventions afin de défendre l’idée d’une loi de programmation militaire au service de l’indépendance de la France et de la paix.

  • Ils ont dénoncé l’hypocrisie du gouvernement concernant la pseudo « hausse » du budget des armées : la plupart de cette hausse est programmée après la fin du quinquennat, donc engage la prochaine majorité, et non l’actuelle
  • Ils ont proposé l’ajout de la Turquie et des États-Unis à la liste des pays menaçant la paix
  • Ils ont défendu la suppression de toute référence à l’OTAN ou à une défense européenne qui en serait dépendante
  • Ils ont proposé la création d’une commission d’enquête sur l’engagement des forces armées sur les théâtres extérieurs au cours des opérations Harmattan, Serval, Barkhane et Chammal
  • Ils ont proposé d’agir pour la féminisation des armées et la lutte en leur sein contre les discriminations, notamment celles liées aux orientations sexuelles, aux origines et aux genres

46. Renforcer et réinvestir l’ONU pour faire vivre un monde ordonné

Le seul organe légitime pour assurer la sécurité collective est l’Organisation des Nations Unies. La France doit proposer le retour en force de cette institution face aux déséquilibres et menaces pour la stabilité et la paix.

Mesure clé : Réaffirmer que l’ONU est le seul organe légitime pour la sécurité     collective

Concrètement :

  • Refuser toute intervention militaire sans mandat de l’ONU
  • Créer une Organisation mondiale de l’environnement et défendre l’UNESCO et l’OMS
  • Réformer la FAO (Organisation de l’ONU pour l’agriculture et l’alimentation) pour favoriser la souveraineté alimentaire, la régulation des marchés et la conversion écologique de l’agriculture
  • Appuyer la solution à deux États entre Israël et la Palestine par l’application pleine et entière des résolutions de l’ONU et reconnaître l’État palestinien
  • Construire une solution politique en Syrie pour une paix durable, sous l’égide de l’ONU

Pour mettre fin aux aventures guerrières d’un seul homme

Sous la Ve République, le président de la République décide seul d’engager l’armée dans des zones de guerre. Emmanuel Macron n’a pas dérogé à la règle tout au long de son mandat. La France insoumise défend une 6e République dans laquelle le parlement et le peuple auraient leur mot à dire sur toutes les décisions importantes. Depuis 2017, les députés insoumis n’ont eu de cesse de demander des comptes quant aux engagements de la France partout dans le monde. 

Dès février 2018, ils ont demandé une commission d’enquête sur les opérations Harmattan, Sangaris, Serval et Barkhane, dont les leçons n’ont jamais été tirées. L’engagement de la France en Libye a également fait l’objet d’une proposition de résolution à lui seul : le doute plane toujours sur ce dossier alors que la presse fait état d’un engagement clandestin de la France nié par les autorités. Pour ce qui est du Tchad, le groupe parlementaire de la France insoumise s’y est penché à nouveau en avril 2019 : les frappes françaises en soutien à un régime dictatorial interrogent la légitimité de l’engagement de la France. 

La situation au Yémen a quant à elle été interrogée par les députés insoumis. En effet, la présence d’armes françaises dans un conflit où les violations des droits humains sont légions interroge sur le respect de la Constitution et de la légalité internationale. 

47. Refuser le libre-échange, instaurer un protectionnisme solidaire et la coopération économique

La mondialisation est d’abord la globalisation de l’argent et le déménagement du monde pour le seul profit des multinationales. Elle crée désindustrialisation, chômage et migrations. Le protectionnisme solidaire est nécessaire pour le co-développement et l’avènement du progrès humain partout.

Mesure clé : Sortir de l’Organisation mondiale du commerce et renforcer la CNUCED (Conférence des Nations Unies pour le Commerce et le Développement)

Aller plus loin :

  • Intégrer le respect des règles fondamentales de l’Organisation internationale du travail dans les accords commerciaux
  • Soutenir l’adoption à l’ONU d’un règlement contraignant les multinationales à respecter des normes sociales et environnementales

48. Étendre les protections du droit international à de nouveaux domaines

Face au désordre libéral et au changement climatique, un monde ordonné s’impose. L’impératif climatique et écologique doit être reconnu et protégé par le droit international.

Mesure clé : Créer un crime d’écocide

Aller plus loin :

  • Protéger la haute mer et l’Arctique de l’appropriation et du productivisme
  • Créer un tribunal international de justice économique pour juger les crimes financiers transnationaux

L’eau au cœur des conflits et des révolutions citoyennes

L’eau est de plus en plus au cœur des conflits. En 20 ans, ceux-ci ont été multipliés par plus de 3, provoquant des millions de réfugiés. Entre 2010 et 2018, on note 263 conflits en lien avec l’eau, et pour 123 d’entre eux, elle serait le facteur déclencheur. Les bouleversements climatiques agissent en révélateur d’États défaillants et de sociétés inégalitaires. 

Lorsque l’eau n’arrive plus au robinet du fait de réseaux vétustes ou inexistants, les citoyens ne peuvent que constater l’ampleur de la corruption ou de l’incurie des gouvernants. Quand la ressource elle-même vient à manquer, le privilège de quelques uns, qu’ils soient puissants ou fortunés, devient insupportable. La privatisation de la gestion de l’eau n’a rien arrangé. 

Au Chili, l’eau a été confiée par la dictature au privé, pour le plus grand malheur des habitants. Sur dix villes où l’eau est la plus chère en Amérique latine, sept sont chiliennes. Une intense sécheresse a secoué le Chili avant le début des manifestations de 2019. Les Chiliens se sont notamment révoltés contre les injustices engendrées par les restrictions de consommation d’eau pendant cette sécheresse. Des centaines de petits agriculteurs et éleveurs ont perdu leurs cultures et leur bétail tandis que les cultivateurs d’avocats ont pu irriguer leurs immenses monocultures destinées à l’exportation. 

Au Liban pourtant qualifié de « Château d’eau du Moyen-Orient », en Irak, en Équateur, en Algérie… Au point de départ de multiples insurrections et révolutions citoyennes se trouve la question de l’accès à l’eau. 

49. Lutter contre les causes des migrations

Émigrer est toujours une souffrance, les migrations sont un sujet trop sérieux pour les réduire à des surenchères. La première tâche est de permettre à chacun de vivre chez soi. Pour cela, il faut arrêter les guerres, les accords commerciaux qui détruisent les économies et affronter le changement climatique.

Mesure clé : Créer une Organisation mondiale des migrations liée à ONU et organiser une conférence annuelle sur les migrations

Aller plus loin :

  • Arrêter les guerres et les accords commerciaux inégaux afin d’éviter aux migrants de devoir fuir leur pays
  • Agir contre les bouleversements climatiques par des transferts de technologies et l’aide financière et matérielle
  • Sortir de l’impasse de Schengen et de Frontex
  • Assumer notre devoir d’humanité envers les réfugiés

Migrations : pour une politique migratoire humaniste, solidaire, raisonnée et réaliste

Le groupe parlementaire de la France insoumise a publié en avril 2018 une série de contre-propositions au projet de loi asile-immigration porté par Gérard Collomb. Ce document est articulé autour de 5 grands axes :

  • Une approche globale, concertée à l’échelle internationale et européenne, qui devra passer par la création d’une nouvelle organisation mondiale des migrations et qui implique de suspendre les règlements Dublin et dénonce les accords du Touquet.
  • La prise en charge des personnes migrantes grâce à des structures d’accueil et d’hébergement en nombre suffisant et coordonnées sur tout le territoire, accompagnée d’un accueil spécifique des personnes fragiles et vulnérables (mineurs isolés, personnes en situation de handicap, de maladies physiques et mentales…), ainsi que la fin du «délit de solidarité».
  • La pleine garantie et le renforcement du droit d’asile par le respect des conditions d’examen des demandes et de recours, en supprimant la procédure accélérée. Il s’agit également d’actualiser le droit d’asile en instaurant de nouveaux statuts.
  • Cesser de criminaliser le séjour irrégulier et lutter contre les trappes à clandestinité et à précarité, d’une part en régularisant des travailleurs, étudiants et parents d’enfants scolarisés sans papiers, et d’autre part, en garantissant une égalité de traitement et une justice respectueuse des droits fondamentaux.    
  • Enfin, donner aux migrants les moyens de leur insertion et d’une acculturation réussie à travers une nouvelle politique de délivrance des titres de séjour faisant de la carte de résident le titre de référence, le renforcement des dispositifs d’apprentissage de la langue française, et la reconnaissance de leur participation citoyenne par l’octroi du droit de vote aux élections locales.

50. Construire des coopérations altermondialistes et internationalistes

Un autre monde est possible, plus juste, plus ordonné, plus écologique. Pour cela, de nouvelles coopérations doivent être engagées et d’autres renforcées.

Mesure clé : Consacrer 0,7% du revenu national brut à l’aide publique au développement

Aller plus loin :

  • Agir pour la paix et respecter l’indépendance des États et la souveraineté des peuples
  • Relancer le co-développement et la coopération notamment contre le changement climatique et pour repousser les frontières de la connaissance et de l’humanité
  • Adhérer à la Nouvelle Banque de Développement des BRICS (Brésil, Russie, Inde, Chine, Afrique du Sud)
  • Soutenir le projet de monnaie commune mondiale face au dollar
  • Appuyer la restructuration des dettes souveraines

51. Unir le petit bassin méditerranéen autour d’objectifs communs de progrès (France, Italie, Espagne, Portugal, Grèce, Algérie, Maroc, Tunisie, Libye)

Ne nous résignons pas à voir la mer Méditerranée devenir seulement un cimetière pour migrants. La France doit assumer la responsabilité particulière créée par son histoire, sa géographie, sa langue, la richesse et la diversité de son peuple.

Mesure clé : Créer un réseau d’universités méditerranéennes et organiser un réseau méditerranéen de l’enseignement professionnel

Aller plus loin :

  • Créer une chaîne de télévision méditerranéenne émettant en plusieurs langues
  • Créer un organisme méditerranéen de sécurité civile pour lutter contre les incendies, pour le secours en mer ou en cas de catastrophes naturelles
  • Mettre en place une structure commune de lutte contre les pollutions et de gestion de l’écosystème de la mer Méditerranée

52. Passer à la francophonie politique

La langue française est la troisième langue la plus parlée au monde. C’est un trésor à faire vivre.

Mesure clé : Défendre l’usage du français dans les institutions internationales

Concrètement :

  • Renforcer le réseau des Instituts/alliances français
  • Créer un Erasmus francophone
  • Élaborer des contenus éducatifs et des diplômes communs entre pays francophones
  • Renforcer les médias audiovisuels francophones

Pour en savoir plus, les documents à lire :

Propositions alternatives de la France insoumise au projet de loi sur l’immigration et l’asile, mai 2018

Ce document propose différentes mesures ayant pour but de définir une politique migratoire concertée à l’échelle internationale et européenne, d’accueillir dignement les personnes migrantes, de garantir le droit d’asile et créer de nouveaux statuts, de dépénaliser le séjour irrégulier et de lutter contre les trappes à clandestinité et à précarité, de donner aux migrants les moyens d’une insertion et d’une citoyenneté réussies.

Proposition de résolution de Bastien Lachaud et Alexis Corbière visant à la création d’une commission d’enquête sur l’engagement des forces armées sur les théâtres extérieurs au cours des opérations Harmattan, Serval, Barkhane et Chammal

Cette proposition de résolution vise à établir un bilan stratégique des opérations extérieures (OPEX). L’objectif est d’interroger l’efficacité de ces opérations quant aux intérêts de la France et à la défense des droits humains ainsi que leur coût pour la Nation.

Ensemble, récoltons 150 000 soutiens pour le programme l'Avenir en commun, porté par Jean-Luc Mélenchon

Sommaire du programme

Les chapitres

Annexes

À propos de l'avenir en commun

L’avenir en commun est le programme porté par Jean-Luc Mélenchon. Co-écrit par des milliers de citoyens, il a été choisi par 7 millions d’électeurs en 2017. Cette version est actualisée pour tenir compte de 3 années de mobilisations sociales et de travail parlementaire. Télécharger le programme en PDF

Contribuer au programme

Ce programme n’est pas la propriété d’un mouvement, mais doit être l’outil pour fédérer notre peuple autour de causes communes. Aujourd’hui, il s’ouvre aux contributions de toutes celles et ceux qui souhaitent apporter leur pierre pour l’améliorer.