Les propositions de Yannick Jadot et l’Avenir en commun

Un outil de « Nous Sommes pour ! » qui vous permet de comparer les programmes de 2022 avec l‘Avenir en Commun

Les 10 premiers chantiers et les 15 mesures sont les premières propositions mises sur la table par Yannick Jadot, candidat à la primaire du “pôle écologiste”, regroupant Europe Ecologie les Verts et ses alliés, en vue de l’élection présidentielle de 2022.

Convergences avec l'AEC

  • Un plan d’investissement massif pour la bifurcation écologique
  • Des emplois jeunes face à la crise sociale
  • Le droit de vote à 16 ans
  • La fin de l’artificialisation de sols
  • Abroger ou réviser les lois adoptées ces dernières années et portant atteinte aux libertés fondamentales

Points de l'AEC n'apparaissant pas

  • Une assemblée constituante et une 6e République
  • Les médias
  • La laïcité
  • Les Outre-Mer
  • Les nationalisations 
  • Le protectionnisme solidaire
  • La dette publique
  • La finance
  • Les retraites
  • La réduction du temps de travail
  • L’économie sociale et solidaire
  • Les biens communs
  • La règle verte
  • La planification
  • Le nucléaire
  • Les traités européens
  • L’indépendance de la France
  • La Défense nationale et la paix
  • L’ONU
  • La mer
  • L’espace
  • Le numérique
  • Le handicap
  • La souffrance au travail
  • Les addictions et drogues
  • Le vieillissement
  • Le sport
  • L’enseignement supérieur 

Désaccords avec l'AEC

  • Fusion entre le RSA et les minima sociaux (ce qui s’inscrit dans une logique libérale, alors que l’Avenir en commun privilégie une garantie dignité pour que personne ne vive sous le seuil de pauvreté)
  • Le recours à la négociation collective et non au droit du travail dans le but d’améliorer la situation des travailleurs dans l’entreprise
  • La création d’une union d’action franco-allemande, là où l’Avenir en commun défend le rapport de force vis-à-vis de l’Allemagne et la mise en place de coopérations avec les pays du sud
  • Instaurer des Zones à Faibles Émissions (Cela signifie que les pauvres ne peuvent se rendre en centre ville avec leur vieille voiture, une mesure à laquelle l’Avenir en commun s’oppose en l’absence d’alternatives propres)
  • En contrepartie de l’aide à la rénovation, les ménages aidés doivent consommer de l’énergie renouvelable (l’injonction est faite aux ménages pauvres mais aucune interdiction de louer des passoires thermiques n’est faite aux propriétaires comme c’est le cas dans l’Avenir en commun)

Chapitre 1 : Face à la crise démocratique, convoquer l’Assemblée constituante de la 6e République

L’esprit des premières mesures présenté par Yannick Jadot est assez différent de celui de l’Avenir en commun. Certes, la Ve République est évoquée comme « à bout de souffle », mais l’éventualité d’une 6e République n’est pas abordée. Nous pouvons supposer quelques convergences sur la sécurité, avec « le rétablissement des traditions républicaines » en matière de maintien de l’ordre et l’abrogation de lois portant atteinte aux libertés fondamentales. “ La lutte contre toutes les discriminations et les violences” est évoquée, mais sans plus de précision. Plusieurs thématiques sont absentes, telles les médias, la laïcité et les Outre-Mer.

Démocratie et institutions

  • Le droit de vote à 16 ans (même si cette mesure est indiquée comme “à débattre”)
  • La mise en place du scrutin proportionnel pour les élections législatives
  • Absence de mention d’une 6e République, d’une Constituante et du renforcement du pouvoir du peuple

Sécurité

  • Rétablissement des traditions républicaines en matière de maintien de l’ordre (bien que peu précis)
  • Les autres éléments mis en avant, tels une “conférence de respect et de confiance entre la police et les citoyens” et un “ministère de la protection républicaine” sont présentés de manière trop floue pour pouvoir en tirer des conclusions

Justice

  • Abroger ou réviser les lois adoptées ces dernières années et portant atteinte aux libertés fondamentales

Chapitre 2 : Face au chômage et à l’urgence sociale, partager les richesses, mettre au pas la finance

Il n’est pas évident de juger les désaccords quand les propositions ne sont que des déclarations de principes. Il est à noter que de nombreux pans du programme ne sont pas encore déclarés, mais cette non-déclaration est néanmoins informative : le projet est notamment social-démocrate dans l’entreprise avec un renforcement des syndicats, mais pas du tout concernant la fiscalité. Certains enjeux ne sont abordés que sous certains angles : ainsi les propositions pour le logement n’évoquent pas la protection des locataires. La question des nationalisations n’est pas évoquée, tout comme le financement de l’économie, le protectionnisme solidaire, la dette publique, la finance, les retraites, la réduction du temps de travail et l’économie sociale et solidaire.

 

Investissement pour la bifurcation écologique

  • Un plan de reconstruction verte de 100 milliards d’euros

Logement

  • Des objectifs ambitieux en termes de rénovation thermique
  • 500 000 logements sociaux par an dont 200 000 rénovés thermiquement, avec loi nouvelle loi SRU augmentant le seuil à 30%, contraignant sur les permis de construire, et la possibilité de préemption par les communes
  • Un seuil maximal de 40% de logements sociaux (pour l’Avenir en commun, le logement social ne doit pas être réservé qu’aux pauvres car 60% des personnes peuvent y avoir droit, mais aussi car le logement social n’est pas fondé historiquement sur le modèle d’un minimum social)

Politique commerciale

  • Rejet des traités de libre-échange avec la Chine et le Mercosu

Pauvreté

  • La nécessité d’ouvrir le RSA aux jeunes
  • Revalorisation de 100 euros immédiatement, la suite est remise à la concertation entre les partenaires sociaux et les associations (pour l’Avenir en commun, il faut une garantie dignité pour que personne ne vive sous le seuil de pauvreté)
  • Fusion entre le RSA et les minima sociaux (ce qui s’inscrit dans une logique libérale, alors que l’Avenir en commun privilégie une garantie dignité pour que personne ne vive sous le seuil de pauvreté)

Jeunesse

  • À sa majorité, tout jeune se voit proposer un référent, volontaire issu de la jeunesse, pour le guider dans le maquis des démarches administratives et du début de sa vie citoyenne (l’Avenir en commun n’est pas en accord avec l’idée de faire travailler gratuitement des jeunes (non formés) au service d’autres jeunes)

Emploi

  • 300 000 emplois jeunes (dans notre proposition, ils sont rémunérés au SMIC, ici, ce n’est pas précisé)
  • Contrats de sécurisation pour éviter les périodes de chômage (la proposition est cependant limitée à un périmètre très restreint : les emplois impactés par la nécessaire bifurcation écologique)
  • Généralisation de l’expérimentation des Territoires zéro chômeurs (bien que moins précis que notre proposition d’Etat employeur en dernier ressort)

Plan de relance d’urgence

  • Un financement par une taxation temporaire sur les hauts patrimoines et les dividendes qui ont cru pendant la crise (un peu imprécis, mais dans l’esprit, similaire à nos propositions)
  • Versement de 2000 euros en une fois pour les personnes sous le seuil de pauvreté (alors que l’Avenir en commun privilégie une garantie dignité pour que personne ne vive sous le seuil de pauvreté)

Fiscalité

  • Alignement de la fiscalité du travail et du capital
  • Impôt sur le patrimoine à base large et revenus élevés, soit au-delà d’un simple retour à l’ISF
  • Contribution climat-énergie compensée à 100% pour les ménages les plus précaires – dans une logique d’écologie populaire
  • TVA différenciée notamment selon critères écologiques (bien que l’Avenir en commun y ajouter les biens de première nécessité)
  • Revenir sur les mesures fiscales injustes votées depuis 2017 (manque cependant de précision)

Place des salariés dans l'entreprise

  • Volonté de renforcer le poids des salariés dans l’entreprise
  • Recours à la négociation collective et non au droit du travail
  • Mise en place d’une gouvernance d’entreprise similaire à celle qui existe actuellement en Allemagne avec un Conseil de surveillance et un directoire dans toutes les grandes entreprises (l’Avenir en commun ne suit pas cette logique qui n’a pas fait ses preuves en Allemagne, entraînant la baisse des salaires nets et la liquidation du droit du travail)

Chapitre 3 : Face à la crise climatique, la planification écologique

Les mots-clefs de l’Avenir en commun sont absents : pas de biens communs, pas de règle verte, pas de planification, pas de bifurcation. Les premières mesures présentées par Yannick Jadot prônent la contractualisation et misent sur l’échelon régional. Les propositions misent beaucoup sur la fiscalité au service de la transition écologique. Aucune proposition qui confie un rôle de régulateur à l’Etat n’est présente : rien sur l’énergie (et donc, le nucléaire), les déchets, pas d’interdiction de location des passoires thermiques, rien contre les accords de libre-échange si ils sont accompagnés de critères environnementaux, etc.

Bifurcation écologique

  • Plan de reconstruction verte, proposition d’investir 20 milliards d’euros par an dans l’innovation et l’économie soit 100 milliards sur le quinquennat notamment financé par l’emprunt
  • Service public de l’efficacité énergétique prodiguant conseils et organisant l’amélioration de l’empreinte environnementale des bâtiments et des mobilités de leurs territoires (bien que moins ambitieux que le haut commissariat à la planification envisagé par l’Avenir en commun) 
  • Union d’action franco-allemande pour les transitions écologiques
  • Qualifie la planification écologique de dirigisme technocratique rouge-vert

Bâtiment

  • Rendre la rénovation thermique des logements accessibles à tous à 100% via des coûts de rénovation thermique pris en charge pour les ménages vulnérables
  • Aide aux rénovations globales et rénovation globales obligatoire en cas de changement de propriétaire
  • En contrepartie de l’aide à la rénovation, les ménages aidés doivent consommer de l’énergie renouvelable (l’injonction est faite aux ménages pauvres mais aucune d’interdiction de louer des passoires thermiques n’est faite aux propriétaires comme c’est le cas dans l’Avenir en commun)

Transports

  • Interdiction de la vente des voitures diesel et thermiques classiques à partir de 2030
  • Report des modes de transport depuis la route vers le fret ferroviaire et fluvial pour réduire de 50% d’ici 2030 les émissions du transport logistique
  • Des Zones à Faibles Émissions sont instaurées en sortant des zones urbaines polluées (Cela signifie que les pauvres ne peuvent se rendre en centre ville avec leur vieille voiture, une mesure à laquelle l’Avenir en commun s’oppose en l’absence d’alternatives)

Biodiversité

  • Zéro artificialisation nette des sols
  • Interdiction de l’importation des produits contribuant à la déforestation 

Transports

  • Critique de la PAC
  • Sortie de l’élevage intensif et fin des élevages d’animaux à fourrure
  • Favoriser l‘autonomie en protéines
  • Réduction de la consommation carnée et arrêt des importations de soja dans 10 ans
  • Accompagner les conversions vers l’agriculture biologique, de qualité et de proximité
  • Soutenir l’accès au foncier et l’installation des jeunes, 
  • Promouvoir le recours à l’alimentation bio ou sous signe de qualité dans tous les secteurs, notamment dans la restauration collective 
  • Cantines 100% bio et local financé par 30% des fonds PAC
  • Sortie des pesticides à horizon 2030 (plus de soutien public aux fermes qui continueront d’en utiliser à cette date + néonicotinoïdes et le glyphosate interdits dès 2022)

Aménagement du territoire

  • Déploiement d’un bouclier de services publics autour de son lieu de vie en milieu urbain comme en milieu rural
  • Créer des Commissaires aux transitions (à la place des préfets) et des fonds de relocalisation et de réindustrialisation à l’échelle régionale (l’AEC parle de créer des délégués à l’échelle des collectivités mais pas de supprimer les préfets, cette mesure traduit une volonté de tout miser sur l’échelle régionale quitte à dépouiller les échelons communal et départemental de leur source de revenu) 

Chapitre 4 : Sortir des traités européens

Seule la question franco-allemande est abordée en ce qui concerne les enjeux européens. Ni les traités européens, ni les politiques européennes ne sont abordés.

Relation franco-allemande

  • Renforcement de la coopération franco-allemande par la création d’une union d’action franco-allemande pour les transitions écologique, sociale et démocratique (l’Avenir en commun estime indispensable un rapport de force avec l’Allemagne et les autres pays de l’Europe du Nord et appelle à se tourner vers les pays d’Europe du Sud, Jadot prend quant à lui le parti exactement inverse) 

Chapitre 5 : Face à la guerre, instaurer l’indépendance de la France au service de la paix

Les aspects traités dans ce chapitre (Indépendance de la France, Défense nationale, renforcement de l’ONU) sont absents. Seule la question des migrations est évoquée, avec la proposition de scissionner le ministère de l’intérieur en un ministère “de la protection républicaine” et un ministère “des solidarités et de l’intégration”, ce qui ne dit rien de la politique envisagée.

Chapitre 6 : Face à la grande régression, choisir l’objectif du progrès humain

Les enjeux de ce chapitre sont assez peu approfondis. Les enjeux d’enfance, éducation et santé sont abordés de manières trop peu précises pour en y trouver des convergences importantes. Le handicap, la souffrance au travail, les addictions et drogues, le vieillissement, le sport et l’enseignement supérieur sont absents. Un désaccord est notable sur la question de la culture, avec la proposition de poursuivre la décentralisation culturelle, que refuse l’Avenir en commun. 

Culture

  • Proposition d’un “grand plan de relance et de commande pour la culture” tandis que dans le rapport de sa Commission d’enquête sur la gestion de la crise sanitaire, la France insoumise liste plusieurs mesures d’urgence pour amortir la crise dans le secteur culturel, parmi lesquelles la création d’un fonds de soutien d’urgence à la librairie, le maintien des subventions au spectacle vivant et aux festivals et la proposition d’une aide systématique aux artistes-auteurs fondée sur leurs revenus ou chiffre d’affaires de 2018
  • La proposition insiste sur la nécessité de poursuivre la décentralisation culturelle, qui ne fait pas partie de l’Avenir en commun

Santé